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Revivre l’histoire de la région

mardi 7 mars 2006, écrit par : Le Quotidien d’Oran, mis en ligne par : Nedj

C’est hier qu’ont démarré, comme prévu, les travaux de la deuxième session de l’université annuelle de la Conférence Permanente de l’Audiovisuel Méditerranéen (COPEAM), organisation présidée par l’ENTV depuis 2002, sur le thème de la protection et de la conservation des vestiges et monuments de la période de l’antiquité situés dans la région des hauts plateaux.

Inaugurée par la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, qui a débarqué à Sétif à la tête d’une importance délégation en compagnie du PDG de l’ENTV, président de la COPEAM, Mme Alexandra Paraze, secrétaire générale de la conférence, cette manifestation d’importance continentale s’inscrit, selon ses initiateurs, dans le cadre du dialogue entre les cultures, l’autre impératif autour duquel se concentrent les peuples à l’ère d’une mondialisation désormais incontournable. Lors de son allocution devant un panel de journalistes venus de Serbie, de France, de Belgique, d’Italie et d’autres pays, et des professionnels de l’audiovisuel des 48 wilayas ainsi que des journalistes nationaux, la ministre a tenu à féliciter les organisateurs pour le choix judicieux en faveur de la ville de Sétif pour abriter les travaux autour du thème du patrimoine culturel qui ne pourrait qu’être un motif de satisfaction et de fierté pour les peuples de la Méditerranée. Citant, en guise d’hommage et de reconnaissance à titre posthume, une valeureuse sentence du grand Kateb Yacine, la ministre de la Culture rappellera à l’assistance que Nedjma, un chef-d’oeuvre immortel qui pris naissance ici à Sétif, s’étend à des sens profonds. « Nedjma » femme-pays, terre amicale, d’histoire, allégorie de l’Algérie qui part continuellement à la reconquête des matériaux de sa mémoire », dira la ministre en ajoutant que citer Sétif sans évoquer le gisement de Aïn Lehnèche, à El-Eulma, où vécurent autour d’un lac poissonneux et dans une nature généreuse, voilà des centaines d’années, les premiers hommes connus en Afrique du Nord, serait purement vide de sens. La conférencière n’est pas passée dans son allocution sans inviter les participants venus de divers horizons à aller recueillir les preuves de l’authenticité de la culture africaine de nos aïeux dans le site de Djemila et les grands remparts édifiés par les Fatimides, les céramiques très anciennes des plus vieilles mosquées de la région, pour voir et appréhender la démonstration d’une histoire intégrée, d’une construction jamais « détramée ». « Djemila est un site certes de la période dite romaine, mais pourquoi cela devrait lui conférer cette seule signification ? dira la chargée du département de la Culture, insinuant que la conception, l’adaptation au terrain, le bâti, l’organisation de cette prestigieuse cité, ne devaient-ils rien aux autochtones qui ont su par ailleurs exercer leur qualité de bâtisseurs, comme à Tiddis la rouge par exemple ? Dans ce même ordre d’idées, l’histoire a imprimé sur des plaques en or que sans l’alliance avec Massinissa et l’apport décisif de la cavalerie, de la soldatesque et du génie numide, Scipion l’Africain aurait connu, incontestablement, un autre sort.

Enfin, Rome n’a-t-elle pas préféré brûler Carthage plutôt que d’en laisser le bénéfice au déjà redouté Massinissa ? C’est dire par là, l’importance de ces travaux de l’université de la COPEAM et de son action décisive, des femmes et des hommes de médias qui y participent et qui sont appelés à faire voir des faits d’histoire et de culture desquels il faudra extraire le sens profond et mettre en exergue le regard le plus respectueux sur ces nombreux motifs de fierté. Ces travaux se veulent être une oeuvre esthétique autant que scientifique. La communication étant le meilleur vecteur de la culture, il s’agit à travers cette manifestation de construire une entreprise commune entre les professionnels de l’image et du son et les professionnels du patrimoine.

L’université de la COPEAM, institutionnalisée depuis 2004 sous l’égide de l’Algérie, repose sur la volonté partagée par les organismes membres de l’association de concrétiser les idéaux de rapprochement et de dialogue entre les cultures et les peuples à travers la coproduction de films diffusables sur les supports de son réseau. Faits de plusieurs équipes de journalistes et de techniciens formés à partir d’un panel représentatif de médias audiovisuels publics des pays des deux rives et encadrés par des animateurs professionnels de renom. Il importe de signaler que le thème choisi cette année permettra d’offrir à la wilaya de Sétif l’occasion propice pour assurer à une des ressources culturelles les plus en vue de la région des hauts plateaux, une promotion internationale des plus opportunes, en particulier au plan du développement des activités liées au tourisme.

A rappeler que la 1ère édition de cette manifestation de poids qui a eu lieu en décembre 2004 à Ghardaïa en présence d’une cinquantaine de participants provenant d’une quinzaine de pays, avait porté sur la défense et la promotion de l’environnement en relation avec les politiques de développement durable prônées par les instances de concertation euro-méditerranéennes.

Z.S. Loutari,


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